C’est lundi, que lisez-vous ?~4

Voici venu le temps de l’hebdomadaire « C’est lundi, que lisez-vous ? » dans lequel nous parlons de nos lectures passées, présentes et futures.

J’aimerais tellement pouvoir tenir cette rubrique plus régulièrement …. En attendant, vous pourrez trouver sur le blog de Galléane des passionné(e)s de lecture bien plus assidu(e)s que moi.

Pour ma part, petit blocage en lecture. La rentrée universitaire approche à grands pas, et quand je lis la bibliographie de cette année de master, et tous les bouquins qu’il va falloir ingurgiter, ça me stresse !!

En attendant, j’essaie tant bien que mal de m’accrocher aux quelques « lectures-plaisir » que je vais pouvoir lire ces petites semaines qu’il me reste !

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Et vous, que lisez-vous ?

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Nos années sauvages ~ Karen Joy Fowler

Titre : Nos années sauvages

Auteur : Karen Joy Fowler

Edition : Presses de la Cité

Nombre de pages : 368


le résumé

Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu’elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu’à aujourd’hui. C’est l’histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous…


mon avis

 

J’ai pour habitude de ne pas être tendre lorsque un livre m’a déçue et encore davantage quand ce livre est encensé par l’opinion générale.

Mais je suis également de nature curieuse, aussi lorsque je vois que Nos années sauvages s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans d’autres pays, qu’il a reçu le Faulkner Award et a été nominé en 2014 pour le fameux Man Booker Prize évidemment, ça titille ma curiosité !

J’ai été ravie lorsque ma très chère Amira (qui sévit aussi sur Youtube sous le pseudo Au bonheur des livres) me l’a gentiment fait parvenir par courrier.

Je me lance donc dans cette lecture presque prête à découvrir une pépite, à faire la connaissance d’un chef-d’oeuvre !

Mais ça n’a pas fonctionné avec moi.

Tout d’abord, je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de Rosemary. Sa présentation au début de l’ouvrage traîne en longueur. Je me suis quand même accrochée car le mystère entourant sa soeur Fern m’intriguait. Le twist arrive rapidement, avant la 100ième page. Alors certes, l’auteur nous révèle la véritable « nature » de Fern, on est surpris sur le moment, mais ça s’arrête là.

Les personnages ne sont pas assez fouillés à mon sens, et surtout l’interaction et les sentiments (bons ou mauvais) que les personnages entretiennent entre eux ne sont pas aboutis. Durant ma lecture, je saisissais bien les problèmes que Rosemary, sa mère et son frère rencontraient, mais je n’en avais clairement rien à faire ! Je peux paraître un peu triviale en le disant aussi sèchement, mais c’est pour vous prouver à quel point l’auteur n’est pas parvenue à m’embarquer.

Je ne pense pas que le problème soit du à une mauvaise traduction, ni à un scénario médiocre car lorsque on refait la trame du synopsis, l’idée n’est pas mauvaise et même plutôt originale. Je crois que je n’ai tout simplement pas été réceptive à la plume de Karen Joy Fowler, à son style, à la façon dont elle a fait s’enchaîner les évènements, à l’importance qu’elle a donné à certains actes, certaines paroles plutôt qu’à d’autres.

J’ai eu beau chercher l’émotion que j’étais sensée trouver dans ce livre, je n’ai malheureusement rien ressenti.


conclusion

Un livre plein de promesses, mais qui ne les tient pas ….. J’ai presque l’impression d’avoir manqué quelque chose, de ne pas avoir su saisir la portée universelle dont tant de lecteurs et de critiques ont parlé. J’aurais tant voulu apprécier Nos années sauvages, en faire mon livre de chevet, un livre qui me questionnerait sur la nature humaine, sur les relations au sein d’une fratrie, sur la prédominance des liens du coeur sur les liens du sang, mais pour ma part, ce fut une déception littéraire.

 note 2

The battle hymn of the tiger mother d’Amy Chua

Titre : The battle hymn of the tiger mother (titre en français : l’hymne de bataille de la mère-tigre)

Auteur : Amy Chua

Nombre de pages : 272 pages (pour l’édition anglaise)

Edition : Bloomsbury Publishing (Gallimard pour la traduction française)


le résumé

«Voici l’histoire d’un violent conflit culturel entre l’Est et l’Ouest. Pour Amy Chua, fille d’immigrés chinois aux États-Unis, il n’y a pas de doute : hors de question de suivre le modèle occidental d’éducation des enfants, qu’elle considère comme trop permissif, individualiste et voué à l’échec. Elle suivra le modèle de ses parents en éduquant ses enfants à la chinoise, et entonnera ainsi son hymne de bataille de la mère Tigre. Concrètement, ses filles, Sophia et Lulu, doivent obtenir les meilleures notes à l’école, apprendre le mandarin et devenir des musiciennes talentueuses dès le plus jeune âge. Le prix à payer de l’excellence? Pour les filles : pas de jeux avec les copines, pas de télévision, pas le droit de choisir leurs activités. Pour la mère : batailles, disputes et cris jusqu’à en perdre la voix, pour les faire travailler, réviser, répéter, et prendre le risque de… se faire détester.
Dans ces Mémoires, Amy Chua raconte avec franchise, mais aussi avec humour et autodérision, comment elle a livré son combat quotidien en tant que mère Tigre – à l’abri des regards pour ne pas s’attirer l’opprobre de la société américaine – jusqu’au moment où elle essuiera un sérieux revers.»


mon avis

La première fois où j’ai entendu d’Amy Chua, c’était en visionnant une de ses interventions sur Tedx. J’ai alors pensé qu’elle avait tout de la femme ambitieuse, qui avait réussi sa carrière professionnelle, en plus d’être une excellente oratrice.Lorsque j’appris par la suite qu’elle avait écrit ses mémoires dans lesquelles elle revenait sur son expérience en tant que mère, je fus immédiatement intéressée.

The battle hymn of the tiger mother revient sur l’éducation « à la chinoise » qu’elle a choisi d’adopter avec ses deux filles faisant d’elle une « mère-tigre » par définition.

La critique envers son livre a été très dure, elle a été accusée d’être une mère cruelle, qui rabaissait constamment ses enfants et qui voulait régir le moindre détail de leurs vies.

Je considère plus The battle hymn of the tiger mother comme un choc des cultures, une rencontre entre les valeurs de l’Asie et celles de l’Occident. Il nous amène à réfléchir sur notre conception des choses en matière d’éducation, et sur la nécessité de ne pas voir notre modèle éducatif occidental sans faille et indiscutable.

c’est ce qui arrive à Amy chua dans son rôle de mère : elle percevait le modèle éducatif chinois comme infaillible. Bien qu’il ait fonctionné avec sa fille aînée, ce modèle va connaître ses limites lorsqu’elle voudra l’imposer à sa seconde fille.

Elle nous invite dans son quotidien, mais aussi dans les évènements plus tragiques et j’ai trouvé son livre plein de lucidité et d’honnêteté sur ses défauts et ses moments de doute.

Ce qui m’a le plus surprise, c’est l’humour dont elle fait preuve (j’ai même ri aux éclats à la lecture de certains passages). elle manie le second degré avec brio et je suis étonnée que ses détracteurs n’aient pas saisi le côté humoristique du livre tant il fait partie intégrante de son processus d’écriture.


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C’est un livre que vous pouvez aisément lire en V.O, avec des chapitres assez courts et un anglais presque académique. De plus, vous pourrez y rencontrer tout un lexique autour de la musique pour enrichir votre vocabulaire.


conclusion

Un joli livre qui fait passer un bon moment tout en nous questionnant sur nos idéaux de parents (ou futur-parents).

Un pont entre les visions très différentes de deux cultures.

note 4

Zahra’s Paradise d’Amir et Khalil

zahra's paradise

Titre : Zahra’s paradise

Auteurs : Amir & Khalil (pseudonymes)

Edition : Casterman écritures

Nombre de pages : 272 pages


le résumé

Situé en Iran, après l’élection présidentielle frauduleuse de 2009, Zahra’s Paradise est l’histoire fictive (mais fortement inspirée de nombreux témoignages réels) de la recherche de Medhi, un jeune manifestant qui a disparu dans les goulags de la République islamique. Seuls le courage d’une mère refusant d’abandonner son fils et la ténacité d’un père qui explore les méandres des prisons des ayatollahs se dresseront contre l’horreur et l’injustice d’une telle disparition. Zahra’s Paradise a d’abord été publié sur Internet en une douzaine de langues, dont l’anglais, l’arabe et le farsi. Cette histoire a ainsi été lue par des milliers de lecteurs partout dans le monde et a déjà reçu un accueil enthousiaste de la presse internationale. Une première pour un roman graphique.


mon avis

Cette B.D revient sur les évènements de 2009 en Iran. Des millions de personnes déferlent dans les rues de Teheran après des élections qu’ils considèrent truquées. La répression est terrible : arrestations arbitraires et violentes, disparitions massives de militants et de simples manifestants… C’est le cas de Mehdi. Mehdi est en quelque sorte le personnage principal de cette histoire bien qu’on ne le voit jamais. On suit sa mère et son frère qui vont se démener dans un Iran au bord du chaos pour retrouver sa trace.

Cette B.D m’a d’abord attirée graphiquement parlant. La couverture m’a beaucoup plu et le titre m’a intriguée (afin de ne pas vous spoiler, je vous laisserais le soin de lire le livre afin de découvrir la signification de « Zahra’s paradise »).

Evidemment une B.D sur l’Iran nous fait immédiatement pensé à l’oeuvre de Marjane Satrapi, qui elle aussi à sa façon a mis en lumière les disfonctionnements et les dérives de l’état Iranien. Cependant dans l’album d’Amir & Khalil, l’urgence et la tension sont plus palpables. C’est une lecture poignante, on se rend compte aisément de la détresse qu’ont du vivre les familles des disparus. A travers les différentes situations, le lecteur prend conscience que les personnes interpelées l’étaient souvent de manière injuste et arbitraire.

La fin de l’album contient un petit encart de type documentaire . Les auteurs reviennent sur l’Iran et les évènements politiques de 2009. Une longue liste des noms des disparus vient clôturer la B.D, comme pour nous rappeler que cette histoire de fiction s’inspire d’une triste réalité.


conclusion

Cette B.D est le fruit de la collaboration d’un artiste arabe, d’un écrivain perse et d’un éditeur juif. C’est dire si cet album, trop peu connu en France, est un message d’unité et d’espoir qui mérite d’être lu.

note 4